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Victoire de Joe Biden : quel impact sur les marchés ?

Les événements

Le candidat démocrate Joe Biden est en passe de devenir le 46e président des États-Unis. Samedi 7 novembre, de nombreuses agences de presse l’ont déclaré vainqueur en Pennsylvanie - un État représentant 20 grands électeurs —, ce qui lui permet de dépasser la barre des 270 votes requis.

Alors que le décompte diverge selon les agences, le nombre exact de grands électeurs gagnés par chaque candidat demeure incertain. Joe Biden a été déclaré vainqueur dans le Nevada (six voix). Cependant, l’Arizona (11 voix) fait toujours l’objet d’un litige et les résultats restent indécis en Géorgie, malgré une légère avance de Biden.

De son côté, le président Donald Trump a jusqu’à présent refusé de reconnaître sa défaite. Un recomptage a été demandé dans le Wisconsin, où l’avance de Biden (0,7 %) est inférieure au niveau statutaire imposant un recomptage (1,0 %). En Géorgie, le faible écart entre les deux candidats devrait également entraîner un recomptage officiel dans le courant du mois.

En ce qui concerne le Congrès, la Chambre des représentants devrait rester acquise aux Démocrates : ces derniers ont d’ores et déjà remporté 215 sièges, contre 196 pour les Républicains (281 sièges sont nécessaires pour obtenir une majorité).

La situation est moins évidente au Sénat. À ce stade, les Démocrates ont remporté 46 sièges, contre 48 pour les Républicains – mais deux élus indépendants participent au caucus démocrate –, ce qui laisse quatre sièges indécis.

Impact sur les marchés

Les marchés ont fortement réagi. La possibilité d’une vague démocrate est désormais écartée et le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a reculé de 10 points de base à 0,80% par rapport à la clôture de mardi 3 novembre (rédigé le 9 novembre 2020). Les marchés anticipent une reflation moins importante et un soutien persistant de la politique monétaire, alors que les espoirs d’une relance budgétaire massive s’estompent.

Les marchés actions ont toutefois fortement progressé, le recul des craintes liées à une éventuelle hausse de l’impôt sur les sociétés éclipsant la déception sur le front de la relance. Enfin, le recul des anticipations de soutien budgétaire et monétaire a pesé sur le dollar américain, en retrait de 1,2 % par rapport à un panier de devises. 

Notre opinion

David Page, Head of Macro Research, Core Investments, AXA Investment Managers

La victoire de Joe Biden devrait se traduire par des choix politiques sensiblement différents. M. Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris ont évoqué quatre domaines prioritaires à court terme : la gestion de la pandémie, l’économie, l’injustice raciale et le changement climatique.

Toutefois, au moment où nous écrivons ces lignes, nous estimons que Joe Biden sera le premier président depuis George Bush père confronté à un Congrès divisé lors de son investiture. Cela aura des implications significatives pour le nouveau gouvernement. En l’absence d’une victoire nette au Sénat, les Démocrates devront continuer à rechercher des compromis et la perspective d’un nouveau plan de relance est reportée à l’année prochaine.    

Un Sénat dirigé par l’opposition pourrait compliquer le processus de nomination du cabinet de M. Biden, en particulier si ce dernier souhaite apaiser l’aile gauche du Parti démocrate avec des nominations clés que le Sénat pourrait ne pas approuver.

En outre, le manifeste de Joe Biden était le plus progressiste depuis le début des années 1960, proposant environ 4 000 milliards de dollars de hausses d’impôts pour financer d’importantes dépenses dans les infrastructures, les soins de santé, l’aide sociale et l’éducation. Ce projet semble hors de portée avec un Sénat dirigé par les Républicains. Selon nous, M. Biden ne sera pas en mesure de faire adopter des augmentations d’impôts sur les entreprises et les particuliers fortunés, et le Sénat ne soutiendra pas des dépenses non financées dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité sociale. Même dans les secteurs où un compromis est envisageable (les infrastructures, par exemple), le Sénat devrait rejeter les initiatives concernant les énergies propres et réduire considérablement la portée des autres projets. 

Chris Iggo, CIO Core Investments, AXA Investment Managers

Avant les nouvelles encourageantes concernant un vaccin contre le coronavirus, les marchés actions avaient déjà accueilli positivement la levée de l’incertitude électorale. Ils se concentrent désormais sur l’évolution de la pandémie et la mise au point de potentiels remèdes thérapeutiques, car la situation sanitaire mondiale déterminera en partie l’ampleur et les modalités d’un effort budgétaire et monétaire supplémentaire. Aux États-Unis, le fait que le Parti républicain reste — à ce stade — en position de force au Sénat est perçu comme un obstacle à l’adoption de politiques fiscales et budgétaires ambitieuses en 2021. Les investisseurs devraient bien accueillir la levée de l’incertitude électorale (qui sera confirmée si le président Trump accepte sa défaite) et les bonnes nouvelles sur le front de la pandémie. Cela pourrait se traduire par des performances robustes dans les secteurs les plus touchés par les récentes mesures de confinement, notamment les voyages, les loisirs, l’hôtellerie et l’immobilier. Un biais plus cyclique et davantage axé « value » ainsi que des rendements obligataires légèrement plus élevés pourrait stimuler les marchés actions jusqu’à la fin de l’année.

Prochaines étapes

S’il est peu probable que les recomptages modifient à eux seuls le résultat de cette élection, la perspective de contestations judiciaires est source d’incertitude. Jusqu’à présent, l’équipe de campagne de Donald Trump n’a fourni aucune preuve étayant ses accusations et plusieurs plaintes ont été immédiatement rejetées. Certes, il est toujours possible que les contestations judiciaires aient un certain impact sur le décompte des votes. Cependant, Joe Biden possède une avance de quelques milliers de voix dans plusieurs États et la probabilité que ces contestations renversent la majorité détenue par Joe Biden au niveau des grands électeurs reste faible. Il est donc incontestablement le président élu.

Les résultats définitifs du Sénat ne seront probablement connus qu’en janvier. À ce stade, il semble toutefois difficile pour les Démocrates de remporter les sièges encore en jeu, ce qui suggère la formation d’un Sénat à majorité républicaine.

Le manifeste de M. Biden promettait une relance budgétaire considérable à moyen terme, qui aurait largement contribué à stimuler la croissance du PIB et à réduire la nécessité d’un soutien de la politique monétaire. Cette perspective semble désormais s’éloigner et il est probable que l’économie américaine restera plus longtemps dépendante de la politique monétaire. En matière de commerce, Joe Biden devrait adopter une approche plus multilatérale. Il pourrait notamment supprimer certains droits de douane en vue de renouer le dialogue avec la Chine sur des sujets spécifiques.  

 

Avertissement

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