Stratégie d'investissement

Rééquilibrage des bilans

 

 

Selon Gilles Moëc, chef économiste - AXA IM : « Nous avons reçu quelques bonnes nouvelles récemment sur les grands risques globaux. Un accord commercial partiel entre les États-Unis et la Chine est en négociation et une extension supplémentaire jusqu’au 31 janvier a été offerte par l’Union Européenne au Royaume-Uni pour éviter un « no deal Brexit », mais la partie est loin d’être gagnée. »

  • Bien que certains risques majeurs soient en recul grâce aux progrès réalisés au niveau de la guerre commerciale et du Brexit, la partie est loin d’être gagnée.
  • Le flux de nouvelles n’est pas assez positif pour mettre un terme au recul graduel des données économiques, l’affaiblissement de la croissance mondial n’étant plus cantonné au seul secteur manufacturier.
  • La Réserve fédérale américaine bénéficie encore d’un peu de marge de manœuvre, mais l’Europe semble avoir atteint en septembre son summum en termes « d’activisme monétaire ».

« Alors que certains risques sont en train de s'estomper – comme celui d’une escalade supplémentaire de la guerre commerciale ou d’un Brexit sans accord – l'incertitude ne disparaît pas. Les « catastrophes » ne se matérialisent pas, mais le ciel n’en n’est pas pour autant éclairci – du moins pas assez pour interrompre la lente dérive des indicateurs conjoncturels. La détérioration n'est plus cantonnée au secteur manufacturier, mais s'étend maintenant aux services aux États-Unis et en Europe. Il n'y a pas de preuve irréfutable d'une transmission complète vers le marché du travail – ce qui affecterait la consommation qui est aujourd'hui le seul moteur fonctionnant correctement dans l'économie mondiale. Mais sans un véritable regain de confiance, ce serait la prochaine étape. L'économie mondiale est entrée dans une course contre la montre. D'ici quelques mois, le retournement de la conjoncture aura atteint sa « vitesse d’échappement » et se renforcera de lui-même.

La situation aux Etats-Unis nous rassure quelque peu, car il reste encore à la politique monétaire une certaine marge de manœuvre pour amortir le choc. Nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) baisse ses taux lors de sa prochaine réunion le 30 octobre, avant probablement une autre réduction en décembre. Inversement, lorsque nous examinons la Banque centrale européenne (BCE), nous avons du mal à voir ce qu’elle pourrait faire de plus dans les prochains mois, à moins que la situation ne devienne véritablement catastrophique.

Mario Draghi a présidé sa dernière réunion du conseil des gouverneurs en octobre à la BCE. Le souvenir de son rôle de « sauveur de la zone euro » de 2012 va perdurer. Mais il est regrettable que la controverse autour de la décision du conseil des Gouverneurs de septembre ne faiblisse pas. Les dissidents du Conseil ne reculent pas. Même chez ceux qui ont approuvé la décision de Mario Draghi, il existe maintenant un manque de confiance généralisé en la capacité de la politique monétaire à apporter un soutien significatif à l’économie. Ces deux éléments nous font penser que l’activisme monétaire a atteint son apogée dans la zone euro en septembre dernier. Christine Lagarde va entamer son mandat par une revue stratégique qui risque de déclencher des discussions difficiles au sein du Conseil et qui, dans la pratique, justifierait l'inaction, tant que le débat est en cours.

Entre-temps, la BCE réalisera 20 milliards d'euros d'achats par mois. Le taux de croissance global du bilan de la BCE – un bon indicateur du degré d’accommodement monétaire en période de politique non conventionnelle – pourrait atteindre environ 6 % d'une année à l'autre d'ici à la fin 2020. Ce serait un rythme bien inférieur à celui de 2012 ou 2016. Ainsi, même au prix de décisions très controversées, le président Draghi n’a pas réussi à faire adopter une relance monétaire de même ampleur que dans la première moitié de sa présidence. Le mandat de Christine Lagarde pourrait commencer sous de meilleurs auspices. »

S’agissant de l’allocation d’actifs, Serge Pizem, responsable du Multi-Asset chez AXA IM, indique : « Ce mois-ci nous avons un peu réduit notre exposition à la dette émergente et la dette à haut rendement au profit de stratégies relatives (cycliques/défensives) sur les actions. Nous estimons que le marché manque de signaux forts pour ajuster nos vues directionnelles. Même si on entrevoit une trêve de la guerre commerciale et l’éloignement d’un hard Brexit, l’environnement économique reste encore trop peu porteur. »

  • Nous avons renforcé notre biais cyclique dans notre exposition aux actions, où le pessimisme envers la croissance est toujours extrême. Nous demeurons prudents à l'égard des actions américaines, dont les prix avoisinent des plus hauts historiques alors que la dynamique sous-jacente de l'économie est moins forte.
  • Malgré la réduction de notre exposition, nous maintenons une opinion positive sur le crédit à haut rendement européen et la dette émergente, car la tonalité plus conciliante de la Fed est favorable aux opérations de portage.
  • Nos perspectives restent favorables concernant les points morts d’inflation de la zone euro et des États-Unis, les prix du marché étant toujours trop pessimistes.

« On observe ce mois-ci trois tendances positives qui contribuent à alléger les pressions sur les marchés à court terme :

  1. Les États-Unis ont conclu avec la Chine la « Phase 1 » d’un accord de principe, couvrant les achats de marchandises agricoles, la propriété intellectuelle, la transparence des taux de change et l’ouverture des services financiers. Nous considérons qu’une vraie résolution du « conflit commercial » impliquerait d’invalider les augmentations de droits de douane déjà en place ; or nous sommes toujours loin de ce résultat.Dans le même temps, l’incertitude entourant la politique commerciale pénalise l'économie mondiale et pourrait continuer de peser sur les investissements. Toutefois, une certaine résistance est apparue dans les dernières statistiques réelles de la production et des commandes aux États-Unis, dont l'évolution semble se distinguer des enquêtes de conjoncture, plus pessimistes. La trêve actuelle de la guerre commerciale pourrait limiter les perspectives de ralentissement.C’est pourquoi dans ce contexte nous avons renforcé notre biais cyclique dans notre exposition aux actions, les valorisations relatives des valeurs cycliques étant selon nous trop déprimées.
  2. Avec les derniers avancements côté Brexit, nous pensons ainsi que les risques de sortie du Royaume Uni sans accord sont désormais beaucoup plus faibles, ce qui devrait soutenir le sentiment du marché et des entreprises.                                          
  3. La Fed a annoncé un nouveau programme d'injections de liquidités à hauteur de 60 milliards USD par mois, au moyen d’achats d’obligations à court terme. Il s’agit du premier acte audacieux de la banque centrale depuis le début de l’année. Celle-ci tente difficilement d'éviter le terme d’« assouplissement quantitatif (QE) », mais il n’en reste pas moins qu’aux yeux du marché, cette intervention devrait doper la liquidité. Avec la baisse des taux à court terme et la hausse des rendements à long terme (également sous l’effet de l’optimisme ayant salué l’accord commercial), la courbe des taux s’est à nouveau pentifiée et est redevenue positive, ce qui nous semble être un bon signe. Dans ce contexte, les anticipations d'inflation aux États-Unis nous paraissent nettement trop basses, ce qui nous conduit à renforcer notre exposition aux points morts d’inflation américains au sein de nos portefeuilles. »

 

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