Investissement Responsable

Les 3 idées reçues sur l’Investissement responsable et l’ESG

La montée en puissance de l’investissement responsable et des fonds qui intègrent les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) s’accompagne d’un certain nombre d’appréhensions. Ces stratégies d’investissement sont parfois accueillies avec scepticisme, notamment en ce qui concerne leur validité et leurs performances. Nous tentons ici de faire la lumière sur certaines de ces préoccupations.

Idée reçue n° 1 – L’investissement ESG est une niche

Les gouvernements, les consommateurs et les entreprises accordent une place de plus en plus importante au développement durable. Cette évolution va de pair avec l’adoption de réglementations plus strictes et la détermination d’objectifs plus ambitieux sur le climat, notamment en vue de limiter la hausse des températures mondiales conformément à l’Accord de Paris de 2015. Afin de respecter l’objectif visant à contenir le réchauffement climatique à un niveau nettement inférieur à 2 °C et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C, nous devons réduire considérablement les émissions de carbone. Pour ce faire, il est essentiel d’inciter le secteur mondial de l’énergie d’abandonner les combustibles fossiles au profit d’alternatives renouvelables plus écologiques.

La dynamique s’est vite enclenchée dans ce domaine. De fait, la Chine qui est aujourd’hui le plus gros émetteur de dioxyde de carbone au monde s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Les États-Unis ont réintégré l’Accord de Paris, et le président Joe Biden est déterminé à remplacer l’ensemble du parc automobile du gouvernement fédéral, soit environ 650 000 véhicules, par des véhicules propres.

De son côté, l’Union européenne a dévoilé un plan de relance post-pandémie qui inclue près de 550 milliards d’euros consacrés à des initiatives vertes, ce qui représente le plus important programme d’investissement en faveur du climat jamais adopté. Qui plus est, de nombreuses entreprises multinationales, comme Microsoft et Google, se sont engagées à atteindre la neutralité carbone.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de populariser l’investissement ESG, car cette approche semble avoir trouvé sa place dans la « nouvelle normalité ». En 2015, les Nations Unies ont fixé des objectifs de développement durable (ODD), qui visent à éliminer la pauvreté, à protéger la planète et à assurer la paix et la prospérité à toutes et à tous d’ici à 20302.

La pandémie de COVID-19 rend ces objectifs mondiaux plus cruciaux que jamais. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à exiger une plus grande égalité, des énergies plus propres et de meilleures conditions de vie à l’échelle mondiale. Les entreprises doivent s’adapter à ces nouvelles exigences, au risque d’être dépassées. Il en va de même pour les investisseurs.

S’agissant des investissements, PwC prévoit qu’en 2025, les actifs sous gestion des fonds ESG pourraient représenter plus de la moitié des actifs investis dans des fonds communs de placement européens. Dans son rapport, « The Growth Opportunity of a Century », le groupe estime que les actifs ESG pourraient atteindre entre 5 500 milliards et 7 600 milliards d’euros d’ici à 2025 — soit entre 41 % et 57 % de l’ensemble des actifs des fonds communs de placement européens, contre 15,1 % à la fin 2019. Cette progression équivaudrait quasiment à un taux de croissance annuel composé de 29 % entre 2019 et 20253.

Idée reçue n° 2 – L’investissement responsable ne concerne que les actions et consiste uniquement à exclure des valeurs

Certes, l’investissement responsable repose à l’origine sur l’exclusion de titres, mais le concept a depuis nettement évolué. La stratégie adoptée au départ pour s’assurer qu’un portefeuille était « responsable » consistait à filtrer les valeurs et à exclure les secteurs considérés comme néfastes, tels que l’alcool, le tabac, les jeux d’argent, ou encore les énergies fossiles. Si cette approche était généralement appliquée aux actions, l’investissement ESG/responsable fonctionne en réalité avec toutes les classes d’actifs, des actions aux obligations vertes, en passant même par les placements alternatifs comme l’immobilier commercial.

Bien sûr, beaucoup de portefeuilles excluent encore certains secteurs, mais l’investissement ESG consiste aussi à rechercher des entreprises vertueuses. Ainsi, de nombreux portefeuilles ESG ciblent certains aspects environnementaux ou sociaux et investissent dans des domaines tels que les énergies propres et les technologies ou les énergies renouvelables. Bon nombre de placements, notamment les fonds à impact, sont conçus dans le but de produire des effets positifs sur la société.

C’est notamment le cas des obligations vertes. Les fonds levés grâce aux obligations vertes sont affectés à des projets en lien avec le développement durable, l’atténuation du changement climatique ou d’autres enjeux environnementaux. Pour autant, il ne s’agit pas seulement de climat et d’environnement. Nos recherches révèlent que près de 25 % des placements dans les obligations vertes ont une incidence positive sur le plan social, par exemple, sur la santé et le bien-être, ou encore sur l’emploi, la situation économie et les conditions de travail4. L’investissement responsable comprend aussi les obligations de transition qui visent à financer des entreprises actuellement « marrons », mais déterminées à devenir « vertes ». Cela concerne les sociétés qui n’ont pas la possibilité d’émettre des obligations vertes aujourd’hui, parce qu’elles n’ont pas de projets suffisamment verts pour le moment

Outre la question des classes d’actifs, l’investissement responsable consiste également à échanger avec les entreprises et à les encourager à respecter les bonnes pratiques ESG. Cela passe par un dialogue constructif et des activités d’engagement lorsque l’approche d’une entreprise à l’égard de certains critères ESG est en deçà des attentes des investisseurs. Si cela s’avère nécessaire, les investisseurs peuvent également exercer leurs droits afin d’influencer les décisions des sociétés en portefeuille. L’actionnariat actif contribue à renforcer la transparence, à protéger les droits des actionnaires et à améliorer la gouvernance des entreprises. Par ailleurs, l’approche consistant à dialoguer avec les entreprises au sujet des facteurs ESG peut s’avérer utile pour anticiper certains problèmes potentiels et éviter de mauvaises surprises qui pourraient nuire aux performances.

Idée reçue n° 3 – L’investissement responsable génère moins de rendements financiers 

Depuis que l’investissement responsable/ESG existe, on lui reproche de dégager des performances à long terme inférieures à celles des portefeuilles d’investissement traditionnels. Cet argument repose sur les débuts de l’investissement responsable, période à laquelle on excluait certains secteurs des portefeuilles, malgré leur potentiel de rendement.

Or, de nombreuses recherches révèlent aujourd’hui que l’intégration des facteurs ESG peut au contraire favoriser la performance. Ainsi, un rapport indique que sur 2 200 analyses empiriques, 90 % ont conclu qu’il existait une relation entre critères ESG et performances financières — laquelle était, la plupart du temps, positive5. Qui plus est, les relations structurelles entre notations ESG et entreprises nous aident à prévoir la rentabilité et les risques menaçant l’activité des entreprises individuelles6.

Des données concrètes sur les performances viennent en outre corroborer les résultats de ces études universitaires. L’indice MSCI ACWI ESG Leaders se compose de grandes et moyennes capitalisations issues de 23 marchés développés et de 27 marchés émergents, qui affichent de bonnes performances ESG dans leur secteur. Depuis son lancement en septembre 2007, l’indice surperforme l’indice MSCI ACWI, plus global, tant en ce qui concerne le rendement cumulé qu’annualisé7.

1 Sustainable_Funds_Landscape_2021.pdf (morningstar.com)

2 Nations Unies

3 2022, « The growth opportunity of the century - Are you ready for the ESG change? » (pwc.lu)

4 « Le marché des obligations vertes dépassera le cap des 1 000 milliards de dollars en 2021 », AXA IM Global (axa-im.com)

5 Gunnar Friede, Timo Busch et Alexander Bassen (2015), « ESG and financial performance: aggregated evidence from more than 2000 empirical studies », Journal of Sustainable Finance & Investment

6 AXA IM 2018

7 MSCI – au 29 janvier 2020

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