Investissement responsable

Comment les « pandemic bonds » peuvent-elles potentiellement aider les économies à amortir le choc du Covid-19 ?

Près de 200 millions de dollars1 levés par des « pandemic bonds » émis par la Banque mondiale seront versés à certains des pays les plus pauvres touchés par le coronavirus. Que sont les « pandemic bonds », comment sont-ils utilisés et quel attrait peuvent-ils présenter pour les investisseurs ?

Il s’agit d’un type d’obligations « catastrophe », ou « cat bonds », un instrument financier traditionnellement émis par les sociétés d’assurance et de réassurance afin de répartir les risques causés liés aux catastrophes naturelles. Les investisseurs qui achètent ce type de titres financiers adossés à des assurances reçoivent généralement, outre le remboursement du capital, un rendement supérieur à celui généré par d’autres produits de taux. Étant donné que les cours des « obligations catastrophe » tendent à évoluer différemment des autres obligations, elles permettent aux investisseurs sophistiqués de diversifier leur portefeuille.

Ces « cat bonds » comportent toutefois un risque important : l’investisseur ne récupère le principal, c’est-à-dire la valeur faciale de l’obligation, que si l’événement en question ne se produit pas. Si le tremblement de terre, l’ouragan ou autre catastrophe naturelle survient, l’investisseur perd alors tout ou partie du capital initial.

Quelle est l’origine des obligations pandémiques ?

En réponse à l’épidémie d’Ebola qui a frappé plusieurs pays d’Afrique en 2014 et causé la mort de 11 000 personnes, la Banque mondiale a décidé de créer un nouveau type de cat bond, les « pandemic bonds ». Cet instrument financier a été lancé en juin 2017 dans le cadre du Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie (« Pandemic Financing Emergency Facility » – PEF) afin d’aider les pays les plus pauvres à lutter contre d’éventuelles épidémies.

Cette première émission comprenait deux tranches : une première appelée « classe A », qui couvre un événement de type coronavirus, sert un coupon annuel de 6,5 % au-dessus du LIBOR2 et limite le risque de perte du capital investi à 16,67 %. La seconde, dite « classe B », offre à un taux annuel de 11,1 % au-dessus du LIBOR, avec toutefois le risque de perdre la totalité de la mise initiale. Les deux tranches arrivent à échéance le 15 juillet 2020, mais peuvent être prorogées sur une base mensuelle pour une période maximale de 12 mois. Parallèlement aux 320 millions de dollars levés grâce aux obligations, 105 millions de dollars supplémentaires ont pu être mobilisés via des swaps.

La pandémie de coronavirus, événement déclencheur

L’épidémie de Covid-19 a officiellement été qualifiée de pandémie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 11 mars 2020. Cela n’a toutefois pas suffi à déclencher l’application des clauses des obligations pandémiques portant sur un montant de 320 millions de dollars. D’autres conditions doivent pour cela être remplies. Un délai d’au moins 12 semaines doit notamment s’être écoulé depuis le début de la flambée épidémique, que l’OMS a établi au 31 décembre 20193.

En outre, la société indépendante AIR Worldwide devait qualifier la pandémie de coronavirus d’événement admissible, ce qui est désormais chose faite, après avoir précédemment déclaré que la condition relative au taux de progression n’était pas remplie pour déclencher le paiement lié aux obligations. La Banque mondiale a annoncé que le PEF devait désormais se réunir pour déterminer la manière dont le produit des obligations sera alloué aux pays de l’Association internationale de développement4.

À qui l’aide financière est-elle destinée ?

Les fonds issus des pandemic bonds sont destinés à 76 pays de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale – généralement les plus pauvres de la planète. Ces fonds visent à leur fournir une aide financière pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, incluant le financement de l’action des principaux intervenants ainsi que des organisations gouvernementales et civiles afin de contribuer à limiter les conséquences sanitaires et économiques de la pandémie.

[1] https://www.reuters.com/article/health-coronavirus-pandemic-bonds/coronavirus-spread-triggers-world-bank-pandemic-bond-payout-idUSL8N2C861O

[2] Le LIBOR (London Interbank Offered Rate) est le taux de référence européen auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles

[3] https://www.worldbank.org/en/topic/pandemics/brief/fact-sheet-pandemic-emergency-financing-facility

[4] https://www.worldbank.org/en/topic/pandemics/brief/fact-sheet-pandemic-emergency-financing-facility, 17 avril 2020

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